Bien-être, le rôle de l'entreprise. Léopold Denis, Moodwork

    Léopold Denis, co-fondateur & COO de Moodwork, explique le rôle que les entreprises doivent jouer dans le bien-être, notamment financier, de leurs salariés.

     

    Léopold, quelle est votre définition de la QVT chez Moodwork ?

    Nous avons défini la QVT comme une démarche individuelle et collective, qui vise à améliorer le bien-être et la performance des collaborateurs. Ce n’est donc pas un concept figé, elle est toujours en mouvement. Et, contrairement à ce que beaucoup pensent, l’entreprise n’est pas la seule à avoir une responsabilité dans sa mise en œuvre, les individus qui la composent ont également ce rôle.

    La QVT est le socle d’une bonne santé mentale. Ses sources sont doubles : il y a, d’un côté, tous les facteurs organisationnels de la qualité de vie au travail. Ils sont externes à l’individu et définis par l’entreprise. Les collaborateurs n’ont pas de pouvoir dessus. Il s’agit de la politique de congés, de la culture interne, etc. En parallèle, il existe des facteurs individuels, sur lesquels les collaborateurs ont un impact. Pensez au sens que chacun donne à son travail par exemple.

     

    Comment met-on en place cette fameuse QVT dans l’entreprise ?

    Deux éléments la constituent : la qualité du travail et la qualité de vie au travail. La qualité du travail correspond à l’intérêt de la mission, au sens qu’elle a pour le salarié, etc. La qualité de vie au travail, quant à elle, correspond aux outils et conditions matérielles qui facilitent le travail. En bref, le collaborateur a-t-il toutes les cartes en main pour faire son travail, et bien le faire ?

    L’entreprise seule, via ses RH et son CSE, ne peut pas mettre en place une politique de QVT performante : elle risquerait d’être décorrélée des besoins réels des salariés. Ceux-ci doivent être impliqués dans sa définition afin que les actions mises en place soient alignées avec leurs attentes.

     

    La santé mentale est de plus en plus abordée dans la société. Quel rôle l’entreprise doit-elle jouer sur ce sujet, sans empiéter sur la vie privée des collaborateurs ?

    La QVT regroupe la santé physique et la santé mentale. En fonction du type d’entreprises, l’une comportera plus de risques que l’autre. Si l'entreprise a une population ouvrière importante, alors la santé physique est un enjeu plus fort, car les risques de blessures sont élevés. En revanche, si les employés travaillent dans des bureaux, les risques sont davantage liés à leur santé mentale.

    Il n’y a pas de recette toute faite, duplicable à l’infini avec garantie de succès, pour mettre en place des actions de QVT. Elle est en effet intimement liée à l’identité de chaque entreprise. Quelle est la culture interne ? La limite entre vie professionnelle et vie personnelle est-elle clairement établie ? En fonction des caractéristiques de chaque entreprise, des actions pourront être perçues comme intrusives ou indispensables. Prenez l’exemple d’un accompagnement psychologique sur la vie personnelle des salariés. Dans une start-up où l’ambiance est très amicale, où la limite entre le personnel et le professionnel est fine, cela sera sans doute accueilli positivement. 

    Au contraire, dans une société où les deux pans de la vie des salariés sont strictement distincts, une telle action aura sans doute un effet contre-productif. Les salariés risqueraient de mal le prendre et cela créerait de la frustration. 

    Quand le management de l’entreprise souhaite mettre en place une démarche de QVT et d’amélioration de la santé mentale de ses salariés, il est donc important de savoir où l’on se situe. Il ne suffit pas de copier ce qui se fait chez ses voisins : il n’y a pas de réponse unique ! La bonne solution sera celle que l’entreprise va considérer comme étant la plus alignée avec sa culture. La seule règle absolue de la QVT est qu’elle soit une démarche collégiale. 

     

    leopoldLéopold Denis co-fondateur & COO - Moodwork